Wac vs Mamelodi Sundowns : Les clés du match

Wydad_Sundows

Il suffit de fermer les yeux et les souvenirs rappliquent aussi vite que le tir de Nahiri. Sur l’écran du passé, on revoit le latéral gauche du Wac, contrôler, lever les yeux, décaler le ballon sur son bon pied, sentir le souffle des gradins et envoyer un boulet de canon qui se logeait dans la lucarne gauche du portier des Sud-africain. Vous l’aurez certainement deviné, ce souvenir date du 16 mars dernier, lorsque le Wac a acquis sa qualification pour les quarts de finales de la ligue des champions, en disposant sur le plus petit des scores, du Mamelodi Sundowns. Moins de deux mois plus tard, les enseignements tirés de cette victoire sont toujours d’actualité.

Excepté la fatigue accumulée, peu de choses ont changé. Le Wac règne toujours sur son championnat, tandis que le club de Pretoria, second, n’arrive toujours pas à doubler les Orlondo Pirates en Premier Soccer League. Ce qui en soit, est un avantage pour le Wac. Pour preuve, quand Benzarti, dimanche dernier à l’heure du derby, se permettait d’économiser certains éléments, son homologue, devait quant à lui, sortir la grosse artillerie pour empocher les trois points, mardi (3-2). Un succès acquis dans la douleur et consommateur d’énergie.

«la mission ne sera pas une simple sinécure face à ce gros calibre et pour le surclasser, il faut que le WAC soit dans un grand jour. La victoire est impérative mais il ne faut pas prendre de but». Signées par le technicien Tunisien du Wac, ces paroles sont révélatrices des enjeux qui animeront le choc de cette soirée, dont le coup de sifflet sera donné à 20h, dans l’Ensemble sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat. Alors qu’elles sont les situations à éviter pour ne pas encaisser de but ? Et comment en marquer également ?

Éviter les mauvais alignements défensifs ?

Capture – 1

Il y a quelques semaines de cela lors de la réception du Mamelodi Sundowns en phase de groupe, Benzarti a pris le parti de jouer avec un bloc médian articulé comme à l’accoutumée autour d’un 4-2-3-1. Si cette stratégie s’est révélée payante, avec six tirs subis dont un seul cadré, l’un de ces derniers fut révélateur du danger qui guette la défense du WAC. En effet, comme vous pouvez le voir sur la première capture d’écran, les sud-africains se sont retrouvés en face à face avec Taghnaouti, et auraient pu ou du ouvrir le score, ce qui aurait certainement changé la physionomie de la rencontre. Heureusement, le contrôle de leur premier attaquant a été raté, tout comme le tir du second. Du coup, il paraît évident qu’il va falloir éviter que cette phase se répète. Comment ? Dans un premier temps, en mettant plus d’agressivité sur le porteur du ballon, contrairement à la dite action. En d’autres termes, défendre en avançant. Chose que n’a pas faite B. Nakach, qui était trop loin du passeur, car il n’a pas mis assez d’intensité dans sa course. A vrai dire il trottinait. Dans un second temps, l’alignement défensif du back four du Wac sur le hors jeu a été plus que défaillant. Noussir couvrait les attaquants de Sundowns. Donc la concentration sera de mise afin de pouvoir profiter des avantages de cette stratégie défensive qui consistent à avoir un bloc compact sur 20 mètres, empêchant la progression du jeu d’attaque adverse, une récupération du ballon médiane dans un second temps, et enfin une recherche instantanée de la verticalité.

Étirer le bloc adverse

Capture – 2

La maîtrise du 4-4-2 dont fait montre le Mamelodi Sundowns est assez bluffante. La fessée infligée aux égyptiens d’Al Ahly faisant foi. Cela dit, en phase défensive, cette tactique présente un bémol majeur : une incapacité à défendre sur toute la largeur. Et ça, Benzarti l’a bien compris. Pour s’en persuader, il suffit tout d’abord de jeter un coup d’œil sur les chiffres de cette ligne statistique : 20 centres ont été effectués par le onze Wydadi. Soit six de plus que sa moyenne durant toute la saison.  Prenons l’exemple de la capture d’écran numéro 2. Comme vous pouvez le constater, sur cette action qui a débouché sur une énorme occasion d’El Karti, Babatundé s’est désaxé sur le coté pour se libérer du marquage et apporter une supériorité numérique dans cette zone. Ce déséquilibre évident de la défense du Mamelodi Sundowns est dû notamment au fait que leurs quatre milieu de terrain, éprouve énormément de difficultés à défendre sur toute la largeur. Et ce n’est pas tout. Se mettre en position de centre c’est bien, être en nombre à la réception c’est mieux, surtout si les attaquants Rouge et Blanc sont en mouvement et coordonnent leurs courses respectives. Dans ce cadre, un autre élément est tout aussi essentiel : La projection des milieux de terrain et des ailiers dans la surface de réparation. D’ailleurs c’est grâce à cela qu’Ounajem s’est retrouvé à la réception du centre, libre de tout marquage.

Même si le feu follet du WAC a fini par buter sur le portier adverse, lui qui risque de rater la rencontre de ce soir, il n’en reste pas moins que ce circuit a été souvent emprunté par le Wydad, mais pas toujours à bon escient. La qualité des centres n’a pas été tout le temps au rendez-vous (12 centres ratés sur 20). C’est un autre élément à améliorer. Car il ne faut pas se leurrer, à ce stade de la compétition, l’efficacité dans le dernier et l’avant dernier geste est primordiale. L’épopée victorieuse d’il y a deux ans en est le symbole. Une épopée que l’on espère voir se répéter pour faire rougir de bonheur le peuple du Wydad.