WAC VS DHJ : Pourquoi le Wydad de Casablanca se casse souvent les dents contre les blocs bas ?

WAC VS DHJ : Pourquoi le Wydad de Casablanca se casse souvent les dents contre les blocs bas ? | Wydad Athletic Club - Actualité / News du WAC - أخبار الوداد الرياضي

Nos joues sont tuméfiées à force de se pincer pour y croire. A vrai dire, Il nous est difficile de digérer l’implacable réalité : Aucun technicien diplômé n’est à la tête du groupe professionnel du WAC, a minima, depuis deux semaines. Dans le costume du pompier de service, il y a bien Moussa Ndaw, mais plus pour longtemps. Selon les règles régissant le football marocain, les clubs ont la possibilité de nommer momentanément (4 matchs) un assistant coach non titulaire du diplôme grade “A”. Et comme l’ancien prolifique attaquant sénégalais en est dépourvu, du coup, le WAC se retrouve dans une inextricable situation. A moins qu’il y ait une autre raison en soubassement. Il semblerait (c’est une information à prendre avec de très grosses pincettes) que le contrat de Benzarti ne puisse être homologué. La FIFA n’ayant toujours pas tranché le litige qui met aux prises le Wydad à René Girard. De fait, le club mythique de Casablanca se tire encore une fois une balle dans le pied. Parfaite illustration de l’immobilise d’une direction pour qui la stabilité et la continuité n’entrent pas dans sa ligne de conduite. Enchaîner cinq coach en un an. Faut le faire.

En vérité, l’impression est que le Wydad de Casablanca, son glorieux passé, son avenir immédiat, sa perpétuelle quête d’excellence et son insatiable faim de titres, n’est plus au cœur des préoccupations. Si l’entité WAC est en conflit permanent, il serait temps de se poser les bonnes questions. Peut-être que ce n’est pas les autres qui ont toujours tort. Plus révoltant encore, est le manque de contestation des supporters. Entendons-nous bien, il ne s’agit là d’aucunes incitations de quelque nature que ce soit. Néanmoins, il est impossible d’ignorer le laisser aller et la résignation qui gagnent le peuple Wydadi. En atteste les faibles affluences lors des rencontres à domicile, alors que ces dernières peuvent être un socle aux manifestations pacifiques à l’encontre du marasme dans lequel nage le club depuis le sacre en ligue des champions.

En tout cas, si les prestations des Rouges et Blancs sur le carré vert passent au-dessus des têtes de certains, pour notre part, ça nous intéresse vachement. Ainsi, nous allons tenter de répondre à la question suivante : Pourquoi le Wydad de Casablanca se casse les dents contre les blocs bas ? On doit vous avouer que le choix du thème ne relevait guère du casse-tête. A la lumière tout d’abord des piètres résultats du Wac face aux équipes qui usent de ce stratagème défensif, plus communément appelé de l’autre côté de la méditerranée : Garer le bus. Et puis, l’actualité nous l’a aussi imposée, vu que le prochain adversaire du Wydad se trouve être le Difaa d’El Jadida. Un adepte du Bus, depuis l’intronisation du français Hubert Velud.

Avant tout, il convient d’établir avec précision la situation. Une animation défensive structurée autour d’un bloc compact et bas, est destiné à réduire les espaces au maximum dans l’axe. Quelques soit la formation utilisée, le plus important est de repousser l’adversaire sur les côtés. En amont, l’attitude à la perte est primordiale également. A savoir, ne surtout pas presser ou harceler et se replier rapidement dans ses 30 derniers mètres. Par la force des choses, le ballon est souvent dans les pieds de l’équipe adverse. Pas beaux à voir, mais efficace.

4 sur 12. C’est le nombre de points récolté par le Wydad face à ce type de défense. Et à chaque fois que la possession était en sa faveur (CRA 56 %, MAT 55 %, OCS 63 %, MCO 58%). Censées être plus faible, ces équipes ont mis en grande difficulté le Onze Wydadi, qui, jusqu’à maintenant, n’a que très peu réussi à percer ses murailles qui se dressent devant lui (MCO 2-0). Plusieurs raisons à cela.

Le premier élément de réponse prend forme dans les phases de construction Wydadi, pénalisées par l’absence d’une ligne directrice offensive. Un constat somme toute logique au vu du ballet des techniciens. Par conséquent, et alors qu’il faut des appels coordonnés, des combinaisons et une fluidité dans le jeu afin de déstabiliser ces défenses regroupées, les attaquants du WAC n’y arrivent pas. Trop brouillon, trop imprécis (67%, le taux de passes dans le dernier tiers adverse), trop individualistes et surtout peu mobiles et manquant de conviction (51.1%, le taux de duels offensifs gagnés). De plus, depuis le début de la saison, le WAC perd en moyenne pas loin de 100 ballons par rencontre, dont plus de la moitié à l’approche de la surface de réparation adverse. Ces stats révèlent en creux une difficulté à enchaîner. D’ailleurs, les Rouge et Blanc ne se font pas plus de cinq passes par possession, en moyenne. Le second élément à prendre en considération, toujours en phase de construction, est représenté par l’embouteillage des joueurs offensifs, dans l’axe du terrain, milieux y compris. Là où il y a le moins d’espace. Soit aux antipodes de l’attitude à avoir. C’est à dire, contourner le bloc par les côtés (le but égalisateur contre le MAT). Et quand bien même, le Wydad passe par les flancs, ses centres manquent cruellement de précision (33%).

Outre le contournement, la phase de transition défense-attaque est cruciale également. En fait, l’idée est de toucher les attaquants avant le repli défensif. Une course contre la montre que le WAC a du mal à remporter. Les joueurs étant trop éloignés les uns des autres, en sus des milieux de terrain peu enclins à transpercer les lignes balle au pied.

En somme, c’est un plan de jeu bien établit qui fait défaut au Wydad. Conséquemment, l’animation offensive navigue à vue. Dans ce cas, pourquoi ne pas faire simple, et essayer d’aspirer l’adversaire pour mieux le contrer en attendant des jours meilleurs et surtout un entraîneur ? D’autant plus que dès que le WAC décide de délaisser la possession du ballon, la victoire lui sourit (Fus 44 %, CAYB 45 %).