Dans un climat déjà chargé, le Wydad de Casablanca se retrouve une nouvelle fois au cœur de l’actualité, pris entre rumeurs financières et turbulences au sommet de sa gouvernance. Deux fronts distincts, mais révélateurs d’un même malaise qui secoue l’un des clubs les plus emblématiques du football marocain.

Sur le plan financier, la direction du club a tenu à éteindre rapidement l’incendie médiatique. Intervenant sur les ondes de Radio Mars, le porte-parole Talal Chakir a opposé un démenti ferme aux informations faisant état de salaires impayés. Selon lui, aucun joueur n’a été lésé : l’ensemble de l’effectif aurait perçu l’intégralité de ses rémunérations, primes comprises, sans le moindre retard.

Un discours rassurant, qui vise à préserver l’image d’un club structuré et respectueux de ses engagements. Toutefois, Chakir reconnaît l’existence de discussions en cours concernant certaines primes de signature. Ces dernières, variables selon les contrats, font l’objet de divergences sur leurs modalités de paiement. Un détail contractuel en apparence technique, mais qui témoigne de tensions plus profondes dans la gestion interne.

Parallèlement à ces clarifications financières, la crise institutionnelle du club s’intensifie. À la suite de l’annonce de la démission du président Hicham Aït Menna, les adhérents du Wydad ont pris position avec fermeté. Dans un communiqué sans ambiguïté, ils exigent son départ immédiat, rejetant catégoriquement l’idée d’un maintien jusqu’à la fin de la saison.

Pour ces membres influents du club, ce report soulève des interrogations et va à l’encontre des attentes des supporters. Ils y voient une contradiction avec les engagements passés du président, qui avait affirmé ne pas être attaché à son poste. Aujourd’hui, cette volonté de prolonger son mandat est perçue comme un revirement difficilement justifiable.

Face à cette impasse, les adhérents annoncent la mise en place prochaine d’un comité de gestion provisoire, chargé d’assurer la transition jusqu’à l’élection d’une nouvelle direction. Une solution d’urgence, révélatrice de l’ampleur de la défiance qui s’est installée.

Entre volonté d’apaisement sur le plan financier et crispation politique en interne, le Wydad traverse une zone de turbulences où chaque prise de parole devient stratégique. Plus que jamais, l’équilibre du club dépendra de sa capacité à restaurer la confiance, aussi bien dans ses comptes que dans sa gouvernance.