Rétablir un climat de confiance

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La conjoncture que traverse le Wydad nous contraint à revenir sur plusieurs sujets que nous avons en commun essayé de traiter par le biais d’articles et de commentaires.

Après le limogeage de Decastel et la prise en main de l’équipe par l’espagnol Benitto Floro, deux questions qui servaient de point d’appui pour alimenter nos débats furent posées :

L’entraineur est-il le seul responsable des mauvais résultats de son équipe ?

La compétence des techniciens est-elle réellement seule en jeu ?

Questions auxquelles en guise de réponse, nous avons assimilé le coach comme étant la pierre angulaire d’un édifice et qu’en cas de mauvais résultats il constituerait le premier fusible qui devrait sauter. Il est toujours plus facile de se séparer d’un homme que d’un effectif entier, attitude qu’on peut qualifier de politique de fuite en avant.

Markov, Cavalli,Oscar,Zaki, Freikh,Santos, Grazitto, Freikh, Decastel,Floror , sont les dix entraineurs ayant payé les frais d’une pratique devenue classique et inéluctable en cas de crise. La fonction des techniciens requiert désormais d’autres compétences que le seul savoir footballistique. Il y a tout un environnement à maîtriser dans lequel l’entraîneur se situe au cœur,entre le président et les joueurs.

La relation de confiance forte entre un président et son entraineur est nécessaire pour la réussite d’une entreprise. La politique sportive d’un club doit se décider entre ces deux hommes, le premier donnant au second les moyens de la mener en le laissant totalement maître dans son domaine,tous les grands clubs professionnels optent pour ce schéma relationnel. Malheureusement, c’est le contraire qui se fait chez nous, au moindre mauvais résultat,on actionne l’interrupteur pour faire sauter le premier fusible.

L’interventionnisme du président ou de l’un des membres de son comité dans les recrutements des joueurs, le manque de vision à long terme ainsi que les promesses faites aux supporters sans le moindre recul ni le moindre réalisme sont des facteurs qui peuvent compromettre la réalisation de tout projet sportif.

Le temps est l’élément nécessaire pour construire une équipe d’avenir, mais il doit être géré et véhiculé par une stratégie novatrice, car en l’absence de cette dernière, le Wydad de ses dernières années a énormément perdu de son aura. Le temps de coach assis sur un fauteuil éjectable est révolu, les supporters n’en veulent plus de la politique du bouc émissaire.

Afin de mieux cerner les éléments centraux,causes de nos échecs successifs,les différentes composantes Wydadie ,à savoir, comité, staff technique,joueurs et associations des supporters sont invités à la réflexion sur le sujet dont le but est de dresser un véritable programme qui permettra à notre équipe de relever la tête .

Mettre en oeuvre une approche globale qui ne se réduirait pas à colmater les brèches en cas de crise,mais prendrait en compte le contexte de celle-ci dans son ensemble afin de désamorcer certaines tensions semble être la solution.Une approche s’appuyant sur une réflexion approfondie, réfléchie, rationnelle, sur le dialogue et la transparence.

Comme l’a si bien décrit un ami forumiste (Abdel53),c’est une question de stratégie générale du club.Et pour cela, il faut des outils et des moyens aussi bien matériels qu’humains. Et cela dit se faire sur la base du savoir et de la compétence. Sommes-nous pour le moment prêts à relever ce défi? Dans tous les cas,il est temps de taper à la porte de la modernité au niveau de la gestion de notre club.On ne va pas attendre à ce que le paysage footballistique national change sur une décision ministérielle ou autre pour s’y mettre. Il faut prendre conscience de notre retard sur ce plan là. Seulement , cette conscience-là ne viendra pas du jour au lendemain et ne viendra jamais si on ne crée pas les conditions nécessaires pour le faire.

En sus de tout ce remue-ménage,l’intérêt du club prime, alors, le temps pour rétablir un climat de confiance s’impose, car c’est le facteur déterminant dans la réussite d’une équipe.

Afin d’éviter une nouvelle débâcle, la restructuration de l’équipe devient imminente, aucun club aspirant à jouer le premier rôle ne peut continuer sur une voie jonchée d’aléas.

Le grand maitre de l’aphorisme Publius Syrus disait :

« Le temps de la réflexion est une économie de temps. »

Dima Wydad
Abdel_IER