René Girard : A quoi doit-on s’attendre ?

René Girard : A quoi doit-on s’attendre ? | Wydad Athletic Club - Actualité / News du WAC - أخبار الوداد الرياضي
René Girard, nouvel entraîneur du Wydad - Sept 2018

Si la venue de l’expérimenté technicien français est gage d’un encadrement de grande qualité, à contrario, nos yeux risquent de piquer et les supporters de s’ennuyer.

Au soir du 30 Novembre 2016, l’Olympique Lyonnais inflige au FC Nantes la plus lourde défaite à la Beaujoire de son histoire. Une claque mémorable qui retenti comme le clap de fin de l’ère René Girard, licencié deux jours plus tard, à l’instar de ses adjoints, son fils Nicolas et Gérard Bernardet.

Si cette rupture doit un peu à la réputation du président Nantais, Waldemar Kita, vorace en entraîneur, et dont l’équipe truste toujours la première place du classement des équipes les plus instables en termes de changement de technicien, elle doit également beaucoup à l’entame de championnat nantaise, la pire depuis la saison 2006/07 : relégable (19ème) avec la plus mauvaise attaque de Ligue 1 (9 buts).

Suite à cette épisode, René Girard et son staff ont longtemps rangé leur frein et guetté les opportunités. Et puis cet été, tout s’est décanté. Annoncé du coté du Toulouse FC en juillet, le trio a finalement posé ses valises de l’autre coté de la méditerranée.

Une immense surprise à la hauteur des compétences de René Girad, un personnage haut en couleur, mais avant tout un entraîneur de classe internationale, même si ses équipes ont rarement fait briller les yeux de leurs supporters par du beau jeu. Décryptage.

Un homme compétent mais peu conciliant

«Téléphone à ta grand-mère, elle te le dira !». Cette sailli verbal a été lancé par René Girard en réponse à la question d’un journaliste sur son possible remplacement lorsqu’il était toujours à la tête du Fc Nantes. Entendons nous bien, le coach français est unanimement loué pour sa courtoisie et son amabilité, cependant les relations parfois tendus qu’il entretient avec ses dirigeants peut lui faire perdre les pédales. Une réalité qui fait écho à son expérience d’avant Nantes. Initialement lié au LOSC jusqu’en juin 2016, Girard a ressenti une vraie fracture avec les décideur du club, Jean-Michel Vandamme, le conseiller du président Seydoux. Remplacé par…Hervé Renard, il n’avait pas tardé à retrouver un banc de L1, notamment celui du FC Nantes. Vous connaissez la suite. A la lumière de cet élément, il est normal de se poser des questions sur sa capacité à construire une relation pacifiée avec les dirigeants Wydadis, lesquels font souvent fi de tout professionnalisme.

Mais au-delà de cette crainte légitime, le Wydad de Casablanca a peut être attiré dans ses filets l’un des plus grand technicien de l’histoire du football marocain. L’homme de 64 ans jouit d’un background impressionnant. Déjà en tant que joueur. Milieu de terrain de formation, c’est en Crocodile qu’il débute sa carrière professionnelle, au Nîmes Olympique en 1972. Parti aux Girondins de Bordeaux pour franchir un nouveau palier, il y brille de mille feu en remportant le Champion de France à trois reprises en 1984, 1985 et 1987, dont un mémorable doublé coupe/championnat en 1987. Il tape dans l’œil du sélectionneur français, Michel Hidalgo, qui le sélectionne pour participer à la coupe du monde 1982 en Espagne.

Sa carrière d’entraîneur fut tout autant couronné de succés. En dépit d’une première expérience ratée du coté de son club formateur, six ans plus tard, il réussi à sauver le RC Strasbourg de la relégation. Ensuite, c’est la FFF qui vient le chercher pour le désigner entraîneur adjoint de Roger Lemerre jusqu’en 2002, puis comme entraîneur des jeunes et des espoirs jusqu’en 2008. Quelques peu annonciatrice de ses déboire futur, son histoire avec la FFF se finit mal puisqu’il claqua la porte de la fédération, suite à des tensions avec l’équipe dirigeante. Une année plus tard, en remplacement de Rolland Courbis, feu Louis Nicollin, le nomme à la tête du Montpellier Hérault Sport Club qui vient de remonter en Ligue 1. Club qu’il guide à la consécration hexagonale suprême, Champion de France lors de la saison 2011-2012.

Une défense de fer et une attaque soporifique

Les supporters qui regrettent Amoutta seront sans aucun doute conquis par René Girad. En effet, partout où il est passé, le natif de Vauvert s’est d’abord appuyé sur des bases défensives solides. Avec lui, exit l’actuelle léthargie qui définit l’animation défensive Wydadi. En 331 matchs, toutes compétitions confondues, les équipes passées sous sa houlette n’ont encaissé en moyenne qu’un seul but. Adepte du 4-2-3-1, il construit son animation défensive autour de deux ligne de 4, basse, formant un bloc compact, grâce à des distances réduites au maximum entre les défenseurs. Et quand on parle de défenseur, pour René Girard, tout le monde doit s’y mettre, aucun passe droit ne sera accordé, même l’avant centre devra gêner la première relance adverse. Pragmatique, il ne chéri que la victoire ( à hauteur 40 % en 331 match). Par contre, amusez la galerie c’est trop peu pour lui.

Avec une moyenne d’un peu plus d’un but par rencontre (1,18) enregistrée tout le long de sa carrière d’entraîneur, ses équipes n’ont jamais vraiment été caractérisé par un jeu léché, tout en beauté. Bien au contraire. Il a toujours construit son animation offensive sur une volonté d’aller de l’avant le plus rapidement possible. Cette explosivité en phase de transition combinée à une recherche instantané de la verticalité, lui ont valu de très bon résultat contre les grosses cylindrés. En revanche, ses équipes ont toujours éprouvés d’immense difficultées lorsqu’il fallait prendre le jeu à leurs compte face à des adversaires supposés plus faible.

Évidemment, René Girard et son staff ont du certainement, enfin on l’espère, prendre le temps d’étudier les caractéristiques à la fois du football africain en général et national en particulier afin de construire un plan de jeu adapté. Car en dépit d’un bagage technico-tactique de niveau international, sa méconnaissance du football africain peut lui jouer de mauvais tours. Charge à lui et son staff de s’accoutumer aux particularités dominicales mais également faire progresser les joueurs qu’ils auront sous la main. Justement, ce volet symbolise la plus grande zone d’ombre qui accompagne sa nomination. Arrivera t-il à développer son groupe et les plus jeunes ? On est en droit de se poser la question. Car si d’un coté, les éclosions de Belhanda, Karim Ait Fana et autre Giroud sont a mettre à son actif, de l’autre, son départ du LOSC a également eu pour cause le fait qu’il n’a pas été séduit par le futur projet du club construit autour du recrutement et du développement de jeunes talents.