Le temps des retrouvailles

En début de soirée (18h), sur le terrain du DHJ, le Wydad de Casablanca sera opposé à l’équipe entrainée par son illustre gardien de but, Badou Zaki. Des retrouvailles qui s’annoncent brulantes à souhait pour le coach du Difaa qui a également officié sur le banc Wydadi à quatre reprises par le passé (1995-1996 / 1998-2000 / 2008-2010 / 2012-2013), pour des résultats mitigés. Car si le Wac surfe sur une série de sept succès consécutifs en championnat, les Doukalis sont très mal en point, 11ème (25 points), à seulement quatre petites unités du premier reléguable, le CRA.

Mais dans le monde du ballon rond, il n’y a pas beaucoup de place pour la nostalgie ou les sentiments. Les 344 matchs que compte Zaki dans les cages Wydadi, ne vont certainement pas épancher la soif de victoire dont font preuve les Rouge et Blanc depuis quelques temps.  Un succès des hommes de Benzarti scellera définitivement l’issue d’un championnat qu’ils ont dominé de la tête et des pieds. Parallèlement, celle-ci pourrait également être la défaite de trop pour Zaki, qui n’a gagné qu’une seule de ses neuf dernières rencontres, pour quatre défaites et autant de nuls, et qui ose défier le leader, avec un aplomb démesuré « A qui que ce soit qui pense que nous avions peur du Wydad, je tiens à dire que nous avons un groupe de joueurs fort. » Et de conclure « il est vrai que le Wydad dispose d’un arsenal important de joueurs exceptionnels, mais nous avons la motivation et le désir de gagner ».

Arrivé sur les rives atlantiques d’El Jadida, dans un costume de sauveur en lieu et place du français Hubert Velud, le coach finaliste de la CAN 2004 avec l’équipe nationale n’a toujours pas réussi à redresser la barre d’une équipe qui semble-t-il souffre toujours du limogeage surprise de Talib en début de saison. Avec trois coachs en moins de sept mois, l’instabilité et le manque de continuité risque de couter cher au Difaa et ses dirigeants. Et franchement, l’adversaire du soir, n’est pas vraiment un cadeau fait par le calendrier. Bien au contraire.

Comme on ne félicite pas un facteur quand il délivre le courrier, on a du mal à sortir les strass et les paillettes pour fêter le Wydad et ses récents succès. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est le destin des grandes équipes que d’écrire l’épilogue de leurs championnats à deux mois de leurs fins, ou encore de se qualifier brillamment pour les quarts de finales de la plus prestigieuse des compétitions continentales.

Cela dit, et conformément à ce que lui impose son standing, le WAC se doit de mettre ce qu’il faut en termes de motivation et d’intensité, afin de ne pas tomber dans les méandres de la suffisance. Si Saidi et ses amis pensent que l’adversaire du jour n’est qu’une formalité, ils risquent de déchanter. Peut être pas en championnat, mais dans une dizaine de jours, en ligue des champions. C’est là, l’un des enjeux majeurs des deux prochains matches.

En effet, ces rendez-vous nationaux doivent être assimilés par les Wydadis comme étant une répétition générale à ce qui les attend à Conakry, la capitale de la Guinée, lorsqu’ils rendront visite au Horoya local, le vendredi 5 avril prochain. Il va falloir se retrousser les manches pour garder une certaine compétitivité et ne surtout pas se reposer sur un matelas de point d’avance à la tête de la Botola, certes moelleux mais aussi dangereux. Et d’ailleurs Moussa Ndaw, l’assistant de Benzarti, ne s’y trompe pas en disant « nous rechercherons une victoire qui nous permettra d’augmenter l’écart avec les rivaux de la ligue et de continuer à prendre nos distances ».

Un équilibre difficile à trouver. Puisqu’il s’agira pour le technicien tunisien d’entériner définitivement l’issue du championnat, reposer certains corps éreintés mais aussi garder une  hargne et de qualité sur le terrain. Pour le coup, l’effectif pléthorique des Rouge et Blanc ne sera pas de trop dans ce dessein, surtout que Badi Ouk, Gabrielle Ochichoko et William Jebbour seront absents.

Plusieurs joueurs de talents qui squattent le banc devront profiter de l’opportunité de se montrer si elle leur ait donné en vue des échéances qui se profilent à l’horizon, lors de cette opposition qui connait une nouveauté, à savoir un trio d’arbitrage sénégalais.