L’attaque du WAC cristallise toutes les crispations

Coupe arabe des clubs (8e) : Le WAC reçoit l'Etoile le samedi 27 octobre | Wydad Athletic Club - Actualité / News du WAC - أخبار الوداد الرياضي
Wydad - Etoile du Sahel - Coupe d'Arabe des Clubs Champions 2018

Il y a vraiment une drôle d’ambiance du coté du Wydad de Casablanca ces dernières semaines. Un mélange d’angoisse et d’espoirs déçus. Si cette période est assurément difficile à décrypter en coulisse, elle l’est en revanche moins sur le terrain, où le Wac a enchaîné les performances incertaines, voir médiocres. Des prestations qui lui ont valu d’abord, la perte de son bien en ligues des champions africaine, et une élimination en coupe du trône, depuis l’arrivée de Réné Girard et son imposant staff, ensuite. En réalité, l’impression est que l’expérimenté coach français n’arrive pas à extraire son groupe d’un négativisme ambiant pesant, datant de la période post-titre en ligue des champions, il y de cela un an environ, et ce malgré un regain de forme en fin de saison dernière.

Soyons clair, le Wac se trouvait et se trouve toujours au cœur d’une période de tous les dangers. Après un premier rendez-vous capital, raté vendredi, en demi-finale de la coupe du trône, contre la Renaissance sportive de Berkane, le résultat nul (0-0), obtenu après une purge lors du match aller de la coupe arabes des club champions, face aux tunisiens de l’Etoile du Sahel, sur la honteuse pelouse du complexe Mohamed 5, il y a quinze jours de cela, s’est scellé sur des sifflets et le désarroi du public, atterrés et abasourdis par une prestations indigne d’un club de ce standing. Toutefois, le Wac, loin du compte collectivement, n’est pourtant pas largué pour autant. Car dès sa prise de fonctions, René Girard a su forgé une défense en socle d’airain. D’aucun diront que c’est au moins ça de pris, mais pour gagner des matchs, il est impératif de faire trembler les filets. Et sur ce que l’on a vu ces derniers temps, ce n’est pas…gagné d’avance.

En cette soirée aux contours de marqueur d’une saison donc, une élimination enfoncerait le club dans un climat crépusculaire. Le Wydad en est conscient, enfin on l’espère, à l’instant de retrouver la ferveur du stade olympique de Sousse. Une qualification, au contraire, alimenterait une nouvelle cohésion, une confiance, une unité dans une équipe capable aussi de se lézarder en cas de sortie prématurée. Comment réagiraient des Ounajem, des Haddad, ou même des Jebbour, tous à coté de leurs pompes sur ses dernières semaines, en cas d’échec ? Vont-ils continuer de s’enfoncer dans la médiocrité ? Ce n’est ni ce qu’on souhaite, ni le sens de l’histoire. D’ailleurs, dans une manière de voir le verre à moitié plein, le Wydad a su souvent rebondir dans les instants critiques, à l’image du printemps dernier, lors duquel le club phare de la capitale économique, a réussi à décrocher un billet inespéré pour la ligues des champions, contrastant avec un hiver douloureux et terne en terme de résultat. Ce groupe a déjà montré des ressources, et c’est le moment où jamais de recommencer.

Il est certain que Georges Leekens, le coach du club tunisien, privé de trois de ses stars, à savoir, Yasin al-Shaykhawi, Ammar al-Jamal et Hazem al-Haj Hassan, préviendra ses hommes : il faudra enfoncer la têtes des Rouge et Blanc sous l’eau, les plonger rapidement dans le doute. Un aspect mental qui pourrait déterminer l’avenir de cette nuit maghrébine. Mais pas que. C’est bien joli de faire montre de caractère et de réactivité par le passé, mais les Wydadis ne pourrons pas indéfiniment se reposer sur les vestiges de leur souvenirs. Ils vont devoir écrire un nouveau chapitre de leurs histoire et celle du club. Un nouvel épisode en forme de renaissance. Néanmoins, creusé de toutes les incertitudes, le secteur offensif symbolise la principale marge de progression du onze Wydadi. Avec un seul but inscrit lors des 180 dernières minutes disputées, Jebbour et ses acolytes de devant tournent au ralenti.

Dans l’optique de créer une nouvelle dynamique offensive, on attend de René Girard des choix fort. Alors que le 4-2-3-1 privilégié jusqu’ici, n’offre pas assez d’allant en attaque, et encore moins de maîtrise (55 % de possession en moyenne), une refonte du système de jeu pourrait être synonyme de renaissance, notamment au milieu de terrain, où les projections offensives sont quasi-inexistantes, ce qui entretient une forme de cassure et un manque de fluidité et de liant en phase de transition défense-attaque. Un constat qui devrait être amplifié par l’absence d’El Karti sur blessure. Dans ce cas, pourquoi pas muer en 4-3-3 ? Avec une sentinelle devant la défense, les relayeurs auront plus de liberté pour faire des courses verticales, soutenir l’attaquant. Bref, être plus haut sur le terrain. En outre, il va falloir également régler la mire devant les cages adverses. Jusqu’à maintenant, les attaquants du Wydad de Casablanca ne sont pas en fêtes. Et c’est peu de le dire, à la lumière du pourcentage de tirs cadrés notamment. La ligne de stats est édifiante : 12 tirs en moyenne par match pour seulement 3 cadrés. En d’autres termes, le Wac ne cadre qu’une fois tous les quatre tirs. Un faible ratio en somme.

S’il convient de souligner le manque de lucidité et de réalisme face aux cages, c’est principalement parce que dans ce genre de rencontres serrées, la moindre occasion est capitale, surtout que le score du match aller, devrait conforter les tunisiens dans l’idée de ne pas trop partir à l’abordage. Bon pour le coup, à moins que l’une ou l’autre équipe ne nous démentent en entamant la rencontre la fleur au fusil, le scénario d’une opposition fermée et ennuyeuse est à craindre. Mais qui sait ? Le Wydad de Casablanca a le droit au même titre que la qualité de mettre le pied sur le ballon, imposer un rythme élevé quand il a et un pressing endiablé quand il ne l’aura pas. L’avenir nous le dire. En tout cas, il est certain que le Wac a besoin de retrouver un esprit conquérant.