La montagne a accouché d’une toute petite souris

La montagne a accouché d’une toute petite souris | Wydad Athletic Club - Actualité / News du WAC - أخبار الوداد الرياضي

Décidément, les derbys maghrébins ont de plus en plus de mal à être à la hauteur des attentes qu’ils alimentent. Alors que tout le monde voyait en ce match entre le Wydad de Casablanca et le club tunisien de l’Etoile sportive du sahel, un choc de grande envergure, ces 8èmes de finale aller du Championnat arabe des clubs avaient finalement plus des relents de montagne qui a accouché d’une petite souris. Mais vraiment toutes petite la souris.

Après une telle rencontre, il est aussi difficile d’en ressortir des motifs de satisfaction que de désappointement. Tout d’abord car les aspects positifs ont frisé le néant. On a vécu 90mns d’approximation et de déchet technique à foison. Ensuite, il y a tellement eu de négatifs, qu’au moment où ont écrivait ces lignes, on avait du mal à y piocher des exemples. Comme quoi l’abondance de mal n’est pas simple à manier. Ce dont on peut être sure et certain, c’est que ce match a totalement anéanti le plaisir de regarder un match de foot le samedi soir.

L’ennuie qui nous a submergé est né sans distinction aucune de la prestation des deux onze. D’un côté on a un Wydad qui s’est rendu coupable d’un manque flagrant de connexions entre ces lignes, et de l’autre, une équipe de l’Etoile sportive du sahel qui a décidé dès le coup de sifflet initial, de parquer le bus, jouer le contre et faire de l’antijeu son fil conducteur. En alignant un 5-4-1 ultra défensif, Georges Leekens, le technicien belge, n’a pas fait preuve d’une envie démesurée de marquer. Bien au contraire. Son objectif, qu’il a d’ailleurs atteint, est de ne surtout pas encaisser de but avant le match retour, prévu le 08 novembre prochain au Stade olympique de Sousse. Néanmoins, René Girard, son homologue français, n’a pas non plus mis tous les atouts de son côté pour faire trembler les filets. Plusieurs raisons à cela.

Un milieu de terrain absent

Il ne s’agirait pas de porter des jugements à la hâte, mais nos pires craintes sont en train de se réaliser. Les équipes passées sous la houlette de René Girard n’ont jamais fait briller les yeux de leurs supporters par un jeu léché et tout en beauté. Bien au contraire. Le coach français est un adepte de la contre-attaque. Il base la construction de son équipe sur des fondements défensifs solides avant tout. D’ailleurs, hier soir, l’arrière garde des Rouge et Blanc n’a été que très rarement mise en danger. Quoi que, Achraf Dari, en position de dernier défenseur (43’), aurait pu ou du, c’est selon, écoper d’un carton rouge, ce qui aurait tout changé. Heureusement pour lui, l’arbitre a été plus qu’indulgent. Cependant, cet hermétisme n’a pas été bonifié en phase offensive. Et pour cause, le milieu de terrain en triangle pointe haute, composé de deux demi-défensifs, Nakach et Saidi, et un meneur de jeu, El Karti, n’a jamais réussi à imprimer sa patte sur le jeu Wydadi. Les deux premiers ont été positionnés très bas dans leur camp. Tandis qu’El Karti, censé être le dépositaire du jeu de son équipe, n’a vraiment pas pesé. Il s’est montré très peu disponible. Toujours à se cacher. Alors qu’il y avait de l’espace à exploiter entre la ligne de cinq défensive de l’Etoile et celle de quatre au milieu de terrain. Et comme la connexion entre la défense et l’attaque du Wydad était rompue par l’indisponibilité desdits milieux de terrain, le résultat fut symbolisé par une exagération dans l’utilisation des longs ballons. Incompréhensible à la lumière des gabarits dont sont pourvus les tunisiens. Quand bien même, Jebbour s’est battus comme un lion, les peu de fois où il a réussi à prendre le ballon dans les airs, il n’y avait personne à la retombée du deuxième ballon.

Trop peu de dépassement de fonction

Face à une défense à cinq, il est primordial d’attaquer l’espace entre le latéral et le défenseur axial le plus excentré. Cet espace nommé “Half Space” n’a pas du tout été exploité alors que c’est la principale voie pour déstabiliser la défense à 5. Pour y parvenir, il aurait fallu des dépassements de fonction. Comment ? Tout simplement comme l’a fait par deux fois, Cheick Comara, défenseur axial pourtant, qui aura attaqué cet espace en début de seconde mi-temp. Normalement cela aurait dû donner des idées à ses coéquipiers, notamment Nakach, Saidi et El Karti. Mais visiblement, ces derniers avaient la tête ailleurs, au même titre qu’ils étaient loin de leur niveau. Bon, pour Nakach, on peut comprendre que le poids de son âge ne lui permette pas de répéter les efforts et les appels en profondeur, toutefois, Saidi et El Karti auraient pu s’y atteler. Il n’en a rien été. De fait, la défense tunisienne n’a pas subi de frayeur. Solide et appliquée, elle a renvoyée tous les centres du Wac. Enfin, les quelques centres effectués. Car sur les ailes, les paires Noussir-Ounajem, d’un côté et Gaddarine-Haddad de l’autre, n’ont pas eu l’effet escompté. Ils ont souffert face à l’agressivité défensive tunisienne, dont le milieu de terrain a, à chaque fois, orienté les attaques adverses sur les flancs pour mieux les cadrer.

Pour espérer se qualifier au prochain tour, René Girard et ses hommes devront montrer un tout autre visage lors du match retour. Plus conquérant, plus audacieux et plus juste techniquement. En somme tout ce qui leurs a manqué hier et tout ce qui leur manque depuis bien longtemps. Soit, tout une dynamique que le staff francilien devra insuffler à ces joueurs. Au moins, d’après la faiblesse technique dont a fait montre l’Etoile sportive du sahel hier, la qualification est tout à fait envisageable.