Horoya vs Wac : Les clés du match

Il fera chaud, avec 80 % d’humidité, sur un terrain gras, contre une équipe qui ne l’a jamais battu par le passé. Tout cela ressemble à un après midi piège pour le Wydad de Casablanca, au moment de fouler dans quelques heures, la pelouse du stade 28 septembre de Conakry, pour y défendre ses chances de qualifications lors de ce quart de finale aller de la Ligue des champions, qui l’opposera au Horoya Athlétic Club. Un moment charnière dans la saison du club casablancais, où il s’agira justement de ne pas uniquement défendre, mais aussi d’attaquer pour marquer et prendre une option en vue du match retour, dont il se murmure ici et là, que le complexe Mohamed V en sera l’hôte, pour le plus grand bonheur du peuple Rouge et Blanc.

Excepté Yahya Jabrane, absent pour cumul d’avertissements, l’effectif wydadi se trouve au grand complet avec un moral gonflé à bloc, après l’élimination à ce même stade de la compétition, lors de la précédente édition. Un état d’esprit confirmé par Faouzi Benzarti. Si d’un coté, le coach tunisien prévient que de prime abord, la rencontre de cette après midi, ne sera pas une simple sinécure, de l’autre, il met la pression sur ses joueurs, en indiquant qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur et doivent négocier cette confrontation sans dégâts, parce que l’objectif est la consécration finale. Une grande ambition à la hauteur du club qu’il dirige, mais qui passera forcément par une belle prestation et un résultat probant en Guinée. Pour y parvenir, voici quelques pistes.

L’espace dans le dos des latéraux

Capture – 1

-1. C’est la différence de but enregistrée par le Horoya au sortir de la phase de groupe de la CL, qu’il  a bouclé en seconde position, à quatre unités du premier et tenant du titre, l’Espérance sportive de Tunis. En encaissant ainsi sept but pour six marqués, les hommes de Patrice Neveu ont fait preuve d’un déséquilibre défensif évident. Pour l’exploiter le Wac doit cibler certaines zones du terrain, où les guinéens éprouvent d’énormes difficultés défensives.

Outre les coups de pieds arrêtés, le Horoya a du mal à défendre dans la zone se situant derrière ses latéraux. Comme vous pouvez le voir dans la première capture d’écran, la défense à quatre guinéenne n’arrive pas toujours à bien contrôler l’espace et la distance qui séparent ses défenseurs axiaux des latéraux. Une brèche énorme où il faudra s’engouffrer goullument. Mais bien avant, un travail de préparation est impératif afin d’étirer la défense. Comment ? Tout simplement en s’armant de patience tout d’abord. Ensuite faire circuler le ballon de gauche à droite, avec des ailiers collés à la ligne de touche. Et enfin, que l’un des milieux du Wac se projette vers l’avant avec un appel en profondeur dans la zone pré-citée.

L’autre lacune défensive du Horoya, réside dans son incapacité à gérer les transitions rapides adverses et donc là aussi, la profondeur. Lorsqu’ils perdent le ballon haut sur le terrain, ils n’arrivent pas à le récupérer rapidement ou boucher les espaces. Du coup les attaquants adverses ont souvent toute la latitude d’attaquer la profondeur. Contre les Orlando Pirates par exemple, le Horaya a encaissé un but après une seule passe en profondeur.

Des individualités à museler

Capture – 2

Offensivement, difficile de dire que le Horoya est une foudre de guerre. Bien au contraire. Dans le 4-2-3-1 concocté par leur entraineur, l’animation offensive guinéenne repose principalement sur ses individualités. L’idée de base est de toujours faire en sorte que leur joueurs de cotés, se retrouvent en position d’un contre eux, pour faire parler des qualités techniques bien au dessus de la moyenne. Une situation qui se finit majoritairement par des centres, avec de la taille et de la présence dans la surface de réparation (Capture 2).

Alors que faire pour annihiler ce pouvoir de nuisance ? Dans un premier temps, il s’agira pour les Rouge et Blanc d’avoir un repli défensif efficient. Et là on vise principalement les joueurs de cotés, et notamment Ounajem et Haddad. Ces deux là auront un travail de coordination très important à réaliser, en collaboration avec leurs arrière latéraux. Une prise à deux ou à trois sur le coté, avec l’aide d’un des trois milieux de terrain sera suffisant pour cerner les ailiers guinéens.

Enfin, et en partant du principe que Benzarti est adepte d’une approche tactique prudente lors de ses déplacements en ligue des champions, il ne faudrait pas pour autant délaisser totalement le ballon à l’adversaire. Alterner avec des phases de possession est tout aussi important que de garder un bloc équilibré, afin de calmer les ardeurs adverses, dans un stade qui sera certainement en fusion, et surtout dicter le tempo du match. Car comme le rappelle la célèbre maxime, la meilleure défense c’est aussi l’attaque.