Football et fair play économique

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Dans un précédent article,en nous appuyant sur un rapport accablant, émis par le GAFI(Le Groupe d’action financière),sur les dessous des transactions financières dans le monde du football, nous avons essayé de mettre en exergue la nature, des enjeux extra sportifs qui le gangrènent. La conclusion de ce rapport est sans équivoque, le monde du football n’échappe pas à la règle, lui aussi est infesté par l’argent sale : corruption, détournement de fonds, pots-de-vin, gabegie, surfacturation, négligence, impunité.

Vu la crise qui sévit à l’échelle planétaire, bien au-delà du rôle que peut jouer le football sur le plan socio-économique, nous essayerons de traiter l’impact de la crise économique sur le football.

En premier lieu, on peut s’interroger, de quelle manière la crise économique touche-t-elle le football ?

Au départ,la crise était financière,c’est la raison pour laquelle l’Angleterre sera citée comme exemple, car la plupart des clubs sont cotés en bourses et de nombreux investisseurs venus du monde de la finance sont présents sur le marché britannique. C’est-à-dire que les clubs sont gérés selon un modèle d’économie financiarisée.

L’effet le plus visible, c’est l’impact sur le marché des transferts. Les clubs européens ou autres qui par le passé alimentaient le marché du football anglais ont plus de difficulté à vendre leurs joueurs. Vendre des footballeurs a toujours été un moyen pour les clubs d’équilibrer leurs comptes.

Pour le moment,les spécialistes s’accordent à nous dire que si la crise économique entraîne des difficultés à court terme, en particulier pour les joueurs qui ont plus de mal à trouver des clubs, elle a provoqué une prise de conscience qui pourrait se révéler bénéfique dans les années à venir. Après un constat alarmant sur la situation du football, on a vu,le Président de l’UEFA Michel Platini en fervent militant pour l’application d’un fair-play financier dont le principe est à priori très simple : « les clubs ne devront pas dépenser plus que ce qu’ils gagnent ».

En réalité, la mise en place d’une telle réforme est complexe et nécessitera sûrement plus de temps que prévu, car il s’agit d’un chantier où il faut commencer par la moralisation, des clubs qui ont toujours vécu en toute quiétude à l’abri de tout contrôle financier.

Les objectifs fixés par la nouvelle réforme sont définis par cinq points, à leur lecture nous pourrions dire que le challenge en vaut la chandelle :

– Poursuivre la promotion et l’amélioration de tous les aspects du football en Europe, continuer à donner la priorité à la formation et à l’encadrement des jeunes joueurs dans les clubs.

– Veiller à ce que les clubs aient un niveau de gestion et d’organisation approprié.

-Adapter l’infrastructure sportive des clubs de manière à mettre à la disposition des joueurs, des spectateurs et des représentants des médias des installations adaptées, bien équipées et sûres .

– Préserver l’intégrité et le bon déroulement des compétitions européennes interclubs

– Permettre le développement à travers toute l’Europe du benchmarking entre clubs sur des critères financiers, sportifs, juridiques, d’infrastructure.

Le fair-play économique contraindra les grands clubs tels le FC Barcelone et le Real de Madrid à changer de politique sportive, eux qui ont eu le droit d’à peu près tout faire seront dans l’obligation de mettre en place un dispositif pour réguler leurs dépenses financières.Ils n’auront plus le droit de dépenser plus d’argent que ce qu’ils génèrent eux-mêmes.

Les clubs les plus riches ne seront plus favorisés et les écarts se réduiront.

Alors, pour quand une telle réforme sera-t-elle à l’ordre du jour au niveau de la CAF ?

Abdel_Ier