Et demain ,quelle politique de gestion des supporters ?

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Suite aux événements qui ont émaillé le match opposant le Wydad aux Fars , nous avions pu assister par le biais de la TV à plusieurs débats dont le but était d’essayer de mettre fin à de tels comportements de la part des supporters. Un débat qui normalement devrait susciter une réflexion digne de ce nom et dont le plan thématique permettrait de mettre en œuvre une réflexion progressive .

Au lieu de définir un objectif ,à travers une analyse de la situation et des propositions concrètes, de sensibiliser les différents partis à la nécessité d’une réflexion approfondie sur la sécurité autour des matches de football ,les ministres des Sports, de la Justice ainsi que d’autres personnalités du sport nous ont offert un match folklorique au lever du rideau du derby casablancais,ainsi qu’un martèlement médiatico-intellectuel comme solution. Or,sans un véritable débat politique, rien n’est possible.

En Europe, bien avant nous, les gouvernements dans leurs luttes contre le Hooliganisme ont mis en place une politique sécuritaire qui privilégie la répression, les mesures proactives (comme les interdictions de stade) et la prévention situationnelle (via l’aménagement des stades et l’usage de la vidéosurveillance) , toute cette panoplie de mesures s’est révélée insuffisante, car l’élément clé de l’analyse de la situation a été négligé, il s’agit de la prévention sociale ,que les sociologues définissent comme étant le seul outil nous permettant de détecter la source à une situation problématique.
En un mot, la prévention sociale sert à anticiper les mouvements susceptibles de créer un danger.

Après le match WAC-FAR, les supporters ont eu droit à une stigmatisation sans équivoque de la part des médias, tout le monde dans le même sac,ceux qu’hier, animaient les gradins de nos stades par des tifous et des chants sont devenus encombrants et ceux qui sont porteurs de revendications constructives n’arrivent pas à se faire entendre.

Certains animateurs de radio, sans avoir pris soin d’analyser la nature des incidents survenus,s’en sont donné à cœur joie pour blâmer les supporters,c’est leur méconnaissance du sujet et leur incapacité à ouvrir un débat avec les différents intéressés qui les poussent à réagir de la sorte.

Alors que nous venions de franchir un palier en intégrant le monde du professionnalisme, les supporters sont en droit de se demander,c’est quand une politique globale visant à développer une politique préventive de gestion des supporters,qui leur permettra de faire du football un moment festif et non pas un moment de guérilla urbaine.

Une approche globale attenante de celle adoptée dans les pays européens qui ne se réduirait pas à la gestion des incidents, mais prendrait en compte le contexte du football dans son ensemble afin de désamorcer certaines tensions semble être la solution. Une approche s’appuyant sur une répression ferme des comportements graves et sur le dialogue et la prévention sociale.

Abdel_Ier