D’un certain point de vue

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Wydad, voilà un nom qui à lui seul évoque l’histoire du football marocain, histoire liée à la lutte contre l’occupation, un nom considéré pour tous les Marocains , toutes générations confondues comme étant un patrimoine national . Une institution omnisports, imbibée de principes éducatifs, avec comme fer de lance son équipe première de football. Un nom lié à des hommes qui ont consenti des sacrifices énormes pour en faire ce qu’il est aujourd’hui.

Les supporters ne vivent que pour ce foot, dorment avec foot et mangent du foot, jusqu’à l’indigestion.

“Porter le Maillot du Wydad est un honneur,le mouiller est un devoir” ,est la devise du club et les supporters veillent à ce qu’elle soit respectée. Malheur à celui qui ne la respecte pas.

Malheureusement,comme tous les grands clubs de la planète, l’histoire du Wydad ne fait pas exception; elle aussi est jalonnée de moments de passage à vide,de moments de guerres intestines, comme ce fut le cas cette saison.Suite à une succession d’échecs, sur le plan sportif qu’a connu le club sous l’ère du président Al Akram de nombreuses voix se sont élevées pour clamer haut et fort que le club n’est pas géré de façon transparente,indépendante et démocratique.Une gestion calamiteuse sur tous les plans, ce qui a contraint les supporters à boycotter le match le plus important de la saison à savoir le derby, décision que certains ont considérée comme allant à l’encontre des intérêts de l’équipe.
La décision est-elle justifiée ou pas ? Ceci n’a pas d’importance.

Ce qui importe c’est de comprendre les raisons qui ont fait que notre équipe soit arrivée à une telle situation.

1-Comment se fait-il qu’un club qui depuis 5 ans a dépensé des sommes colossales ne soit pas parvenu à atteindre les objectifs fixés?

2- À quoi est due cette suite d’échecs et de déceptions ?

La réponse à la première question est simple, les objectifs fixés n’étaient en réalité que de la poudre aux yeux. Les marchands de sable nous ont bien bernés.Les recrutements qui sont de l’apanage du coach ou du directeur technique sont devenus un domaine réservé aux néophytes n’ayant aucune connaissance réelle de la scène footballistique. Le Wydad est surement le club marocain qui a dépensé le plus d’argent au cours de ces dernières années, n’a-t-il pas enfreint la règle qui consiste à dire : « Un club ne doit pas dépenser plus d’argent qu’il ne peut en générer »

La réponse à la seconde question incite à une réflexion plus profonde. Les différents comités qui se sont succédé à la tête de l’équipe depuis une dizaine d’années ont commis une erreur incommensurable, ils ont tout bonnement balayé du revers de leurs mains tout ce qui faisait notre fierté, c’est à dire, la formation.

Ils n’ont pas su établir une philosophie propre au club,celle d’inculquer à nos joueurs dès leur jeune âge que la réussite est synonyme de travail,et qu’il ne s’agit pas seulement de devenir un jour footballeur, mais d’être une personne réfléchie,un citoyen à part entière. Les dérives de nos jeunes auxquelles nous assistions depuis quelques années en sont la preuve.

Hélas, même la notion identitaire du club, celle que les pères fondateurs privilégiaient, “le Wydad n’est pas seulement une équipe, mais c’est une famille” , ne trouve plus d’écho auprès de nos dirigeants. Le mercantilisme a tout détruit.

Le Wydad est un grand club,le moment est venu pour établir un programme, une vraie stratégie d’ensemble pour atteindre l’excellence dans le football ainsi que dans d’autres disciplines comme le basket-ball et le hand-ball. Une excellence basée sur la formation et l’éducation.

Reconstruire un esprit de famille au sein de toutes les composantes Wydadis devrait être la priorité ,c’ est le seul moyen qui nous permettra de reconquérir le cœur des milliers de supporters déçus, les titres et trophées suivront.

Bouddha :”.Une famille est un endroit où l’esprit entre en contact avec l’esprit des autres. S’il y a de l’amour entre ces esprits, le foyer devient aussi beau qu’un jardin fleuri. Mais si ces esprits ne sont pas en harmonie les uns avec les autres, c’est comme si une tempête ravageait le jardin.”