Coaching perdant

Qualification du WAC en Coupe du Trône : Ce qu'a dit Noël Tosi (Vidéo) | Wydad Athletic Club - Actualité / News du WAC - أخبار الوداد الرياضي

Alors qu’il a été prévenu lors du match allé, René Girard n’a pas su contrer la défense à cinq instaurée par le technicien de l’Etoile du Sahel, Georges Leekens. Si on rentre comme ça dans le vif du sujet, sans préliminaire aucun, c’est que pour une fois, la défaite du Wydad s’est dessinée tactiquement avant tout autre considération, du genre arbitrale par exemple. Non cette fois, les Rouge et Blanc ont eu tout faux. Et évidemment, la responsabilité de ce terrible échec qu’est l’élimination en huitième de finale de la coupe arabe des clubs champions, est à mettre entièrement sur le dos du coach du WAC.

Hier soir, les wydadis se sont effondrés sur la pelouse du stade olympique de Souss les uns après les autres, comme foudroyés par l’issus du match et sa conséquence implacable. Le WAC vient en moins d’une semaine de voir ces rêves de sacre s’envoler dans deux compétitions. Difficile avec un tel bilan de défendre la thèse d’un simple accident, surtout au vu d’un fond de jeu inqualifiable, des attitudes suffisantes et des défaillances individuelles en pagailles.

Les wydadis ont pourtant bien entamé la rencontre, toutefois leurs vieux démons ont ressurgi au fil des minutes. Peu aidés par la stratégie mise en place par René Girard. En effet, le coach français a tenté un coup de poker, en structurant son onze autour d’un 4-4-2 en losange et asymétrique, avec Nakach devant la défense, Saidi et Asbahi plus haut en relayeur, puis Jebbour et Ounajem en attaque. Ce dernier symbolise l’aspect asymétrique de la chose puisqu’il a passé son temps a sniffer la ligne de touche. Si cette tactique novatrice devait initialement offrir plus de maitrise dans le cœur du jeu, elle présente en revanche un bémol majeur, s’agissant de la gestion de la largeur. Or, face à une équipe qui attaque en 3-4-3, comme c’était le cas des tunisiens hier, il fallait absolument défendre sur les côtés. Néanmoins, comme René Girard a pris le parti de se passer d’ailier proprement dit, il a fini par payer ce déséquilibre en seconde mi-temps. Donc, comme expliquée ci-dessus, en optant pour ledit schéma, le technicien était conscient des difficultés qu’aurait son équipe à défendre sur la largeur. D’ailleurs, après le retour des vestiaires, il a changé de stratégie pour passer en 4-3-3. Toutefois, et malgré ce changement, les errements défensifs de ses hommes l’ont rattrapé. Car sur le but des tunisiens, l’absence de repli de la part de Tighazoui, pour ne pas le citer, a fait que, lors du renversement de jeu tunisien, le latéral à l’opposé s’est retrouvé esseulé, dans un fauteuil pour effectuer la passe décisive.

Au fond, la meilleure équipe a gagné. L’ESS s’est procuré les meilleures occasions et ses joueurs ont eu la maitrise du ballon. De son côté, le Wac a été trahi par des erreurs individuelles comme toujours ou presque cette saison, auxquels s’est ajoutée une appréciation tactique déplorable de la part du coach français. On s’en demanderait même si ce n’est pas son sosie que le Wydad a signé.

Ainsi, dans cette période très difficile, il est compliqué de trouver des motifs de satisfaction. Les joueurs ont visiblement du mal à aller contre les vents contraire par manque de caractère, c’est d’ailleurs avec le masque qu’ils ont repris l’avion. Au moins, on ne pourra pas leur reprocher de ne pas être affectés par la situation du club. Il va falloir se transcender, créer une nouvelle dynamique, car les journées de championnat vont s’enchainer plus rapidement qu’ils ne le pensent. Et cette fois, plus le droit à l’erreur. Mais de toute façon, les prochains jours seront tellement brulants du complexe Benjelloun qu’ils ne s’en rendront encore plus compte, de l’urgence de la situation.