Autopsie d’un échec annoncé

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Le Wydad est malade,très malade.

Le jeudi noir suivi de déclarations de part et d’autre, n’est en réalité que la confirmation que le mal Wydadi est plus grave que l’on peut penser. La première question que tout supporter se pose et à laquelle il espère avoir une réponse est : comment une grande équipe est-elle arrivée à ce stade aussi humiliant pour son histoire ?

C’est une question nécessaire qui nous permettra de connaître la nature de notre souffre-douleur, mais en aucun cas, elle ne peut nous prodiguer les remèdes nécessaires pour combattre notre mal. Pour tout corps malade, le traitement ne peut donner des résultats positifs avec d’autant plus de rapidité et d’efficacité qu’une fois le bon diagnostic établit. Dans le cas du Wydad , ceci ne peut se faire qu’en faisant une introspection, au lieu de s’atteler sur cette fâcheuse habitude à désigner l’autre (arbitrage, programmation, FRMF, etc..) comme source de nos déboires. Les intrications et les difficultés traversées par le club au cours de ces dernières années rendent encore plus nécessaire le travail d’introspection, seul moyen pour établir des diagnostics et mettre en lumière les facteurs inhérents à une crise qui perdure et s’enracine. Des diagnostics que l’on peut formuler en étapes.

Première étape: La marginalisation de la formation

L’un des problèmes auxquels le Wydad est confronté est lié à cette vision que certains présidents ont voulu instaurer et qui consistait à recruter des joueurs au lieu de faire confiance à son propre vivier.

La première année de l’ère d’Al Akram, avec l’arrivée de toute une armada de joueurs, nous avons succombé à un optimisme démesuré. En recrutant des joueurs d’horizon différent, Mr Akram voulait marquer un grand coup. Aucun de nous n’a pu déceler que cette démarche n’est qu’une illusion, une conviction fondée sur un mode de pensée ; qui fait prendre un désir pour une réalité . Nous avons trop rêvé, sans prendre conscience qu’avec une telle approche nous venons de détruire tout ce qui a contribué à façonner plus de 70 ans de notre histoire,la formation des jeunes. En marginalisant la formation, on a enlevé au Wydad son âme.

Deuxième étape : Le mode de fonctionnement régissant notre club.

Effectivement, dans un monde encore amateur dans ses pratiques, le statut associatif ne permettra en aucun cas à un club d’assurer son indépendance financière. Bien au contraire, ce mode de fonctionnement ne peut qu’être source de guerre intestine et d’anarchie. Il faut mettre un terme à ce mode de fonctionnement.

Troisième étape: Instabilité au niveau de la barre technique.

Cette étape que l’on peut qualifier de la valse des coachs, constitue à elle seule la face visible d’un échec annoncé.
Dans un intervalle de 7ans, pas moins de dix entraîneurs se sont relayés à la tête de l’équipe. Ce genre de pratiques qui consiste à limoger le coach au moindre faux pas ne peut être imputé qu’aux décisions irrationnelles. Aucun de nous et même un néophyte ne pourront contredire que sur le plan technique, la stabilité constitue l’essieu de la réussite.

Conclusion :

Une analyse à froid sur l’ère de Mr Al Akram aurait permis d’affirmer que le Wydad n’était pas paré pour remporter les titres auxquels nous aspirions.