Structuré dans son sempiternel 4-3-3, le Wydad s’est rapproché des sommets en arrachant un nul bonifié loin de ses terres. Trop brouillon, Al Ahly n’a pas su trouver les ressources pour répondre à l’équation tactique imposée par le Wac.

C’est peut être bête à dire et ça l’est sans doute davantage à l’écrire. Mais il y a ce qu’on voit, ou plutôt ce qu’on nous montre, et ce qu’on ne voit pas, ou qu’on ne comprend pas, enfin pas toute de suite, et souvent pas tout seul, et puis moins on voit et plus on imagine. Alors, il a bien fallu se rapprocher et regarder pour tenter de tout capter. Ça parait complexe, mais c’est simple à piger.

Les entraîneurs au système tactique immuable, ou presque, sont vraiment en voie de disparition. On ne citera pas de noms, mais il est clair que Houcine Ammouta en fait partie. Aujourd’hui, il paraît évident que le 4-3-3 a sa préférence et il est même fort à parier qu’il restera majoritairement utilisé jusqu’à la fin de la saison.

Malgré les risques de suspension, le Wydad s’est présenté sur le terrain d’Al Ahly avec l’équipe la plus compétitive possible. Ce qui veut dire, en l’état actuel de l’effectif, avec un onze quasi similaire à celui de la semaine dernière, à l’exception de Ouattara, qui a admirablement remplacé Attouchi, suspendu. Nakach a conservé sa place en sentinelle, derrière la paire Saidi-El Karti, placée plus haut dans le triangle à pointe basse du milieu. Celui offensif, à été composé d’Ounajem, Haddad et Bencherki en pointe haute.

Après avoir vacillé mais sans pour autant s’effondrer, la défense du WAC a profité de la précipitation des attaquants adverses sur quelques situations. Par la suite, elle a très bien su gérer la profondeur. Rabeh et Ouattara ont accompli un excellent travail sur Azarou, qui a beaucoup moins pesé que d’habitude. Al Ahly a eu très peu d’occasions de trouver la verticalité qu’il aime tant habituellement. A défaut de profondeur, la solution aurait pu venir de la largeur. Cependant, la plupart des formations qui s’organisent défensivement en 4-1-4-1 cherchent à cadrer le jeu en triangle de leur opposant sur les côtés. Ce qui fut le cas des Rouge et Blanc. Contre un adversaire dont les latéraux ont passé beaucoup de temps à sniffer les lignes de touche, la doublette latéral-ailier, soutenue tantôt par Saidi, tantôt par El Karti, et souvent accompagné de Nakach, se muer en un quatuor qui a muselé les cairotes et leurs combinaisons excentrées. Une zone tampon très active pour priver les latéraux de temps et d’espace et atténuer leurs influences et donc leur pouvoir de nuisance.

Une telle option, à une limite que l’on a aperçu sur le but encaissé. Elle laisse des espaces dans le cœur du jeu. Normalement, Haddad, spectateur tout le long de l’action, aurait dû suivre le mouvement de son milieu de terrain et coulisser pour remplacer Nakach, parti resserrer côtés ballons. Mais par manque d’attention, il aura lâché le marquage de son adversaire direct, Zakaria Moamen, qui esseulé, après avoir repiqué dans l’axe, a su convertir par un tir magistral, cette carence tactique dans le replacement. Mais le Wydad en s’appuyant sur ses certitudes défensives ne s’est pas désunis et a gardé son flegme et son organisation.

Offensivement, El Karti et Saidi ont eu une activité importante. Il ont couvert beaucoup de terrain, participer au mouvement général de l’animation offensive, en se projetant sur chaque contre pour soutenir l’attaque, dédoublé, redoublé. Même si globalement, par contraste, ce match a confirmé leur inhabituelle faible maîtrise technique dans les 30 derniers mètres adverses. L’autopsie du premier but, dévoile la parfaite exploitation des espaces sur la largeur du Wydad. En effet, face à une équipe méfiante et attentiste, les Ahlaouis ont essayé de jouer, si bien que, parfois, ils se sont livrés un peu trop vers l’avant, et ont ouvert les espaces dont se nourrissent les ailiers du Wydad. Comme sur le but encaissé. Tout est parti d’une récupération au niveau de la ligne médiane de Saidi, pendant que le latéral d’Al Ahly partait à l’abordage plus haut sur le terrain. Est alors venu le moment de l’accélération avec l’appel d’Ounjem dans l’espace laissé par le latéral égyptien, parfaitement servi par Noussair. Le buteur, Bencherki, fin, technique a briller en jouant en remise. Pas simple quand le premier coéquipier est à trente mètres. Dans ces situations, l’attaquant n’a pas fuit les duels pour tenter l’appel et il a constitué une bouée de sauvetage, un point d’appui grâce auquel le bloc a pu remonter quand il subissait. Bien qu’il ne soit pas un pur finisseur à la Falcao, ni un joueur de profondeur à la Mbappé, il est entre les deux, un joueur qui participe à la construction des actions, qui peut décrocher pour les besoins de l’organisation et se balader sur les côtés pour déstabiliser la défense adverse.

En somme, dans une compétition sans trêve estivale où l’effort, l’impact physique et l’intensité demeurent des valeurs non négociables, le Wac aura démontré qu’il existe donc toujours des poches de résistance et des inconditionnels d’un jeu antique et simpliste. Et si l’attaque orpheline d’Ounajem, a piétiné, dans une difficulté récurrente à franchir le premier rideau adverse et son inefficacité offensive, seulement 2 tir tentés dont le but, la défense a fait le job dans une philosophie qui ressemble, il est vrai, bien plus à son coach. Dans une semaine, il faudra être attentifs et concentrés en permanence. Le WAC devra mettre un maximum de densité dans l’axe, être hyper présent sur les centres. Il sera impératif que les gars d’Ammouta soient toujours proches de leurs adversaires, en présentant un bloc très compact et en se montrant agressifs sur le porteur du ballon. Mais il faudra aussi être très justes techniquement pour le ressortir quand ils l’auront et ne pas le perdre trop vite, ni courir sans cesse après. Il faudra aussi être très forts dans l’anticipation, les harceler, ne pas les laisser prendre de la vitesse et couper leur relation milieu-attaque. Bref, un bien vaste programme, qui, en cas d’application parfaite, déboucherait sur un exploit hallucinant.

Chaabi Chady